Elle aurait pu être une
de ces déesses guerrières dont on voit
encore les portraits sous les colonnes des temples.
Les plus grands seigneurs lui auraient eux-mêmes
apporté leurs offrandes.
Les immortelles, jalouses de son port de tête,
de son corps, de la force naturelle qui se dégage
d'elle, n'auraient eu alors qu'à lui céder
une place. Mais Messara préfère vivre.
Elle est une Antigone, jeune et révoltée,
pleine de vie, capable de s'opposer à son roi
pour aller jusqu'au bout de ses convictions.
L'épée à la main ou le verbe haut,
fille d'esclave élevée par des mercenaires,
elle est au coeur des vieilles légendes de l'humanité.
Philippe Bonifay