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Jacques
Terpant est né le 11 avril 1957 dans un petit
village du Dauphiné, où sa famille est présente
depuis au moins cinq siècles.
Conséquence
de cette ruralité congénitale, c'est avec
difficulté que les bandes dessinées parviennent
dans sa campagne qui vit encore au 19ème
siècle. |
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Une
enfance rurale |
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Heureusement
sa mère a la bonne idée d'effectuer quelques
heures de travail dans l'épicerie du village du bas
(il est du village du haut). Là coincé entre
les cagettes de légumes et quelques cartons de conserves,
il dévore chaque semaine les périodiques petits
formats : Blek le rock, Tex, Zagor, Pipo, Kiwi... dans cette
BD de studio surnagent quelques bons dessinateurs comme
le grand Cézard.
Pour
occuper une enfance souffreteuse où les rougeoles
et autres maladies de l'enfance aujourd'hui quasiment disparues
l'ont élu cobaye en chef, un cousin aîné
lui fait parvenir les recueils de Spirou, sous les belles
jaquettes de Franquin, voire avec 6 ou 7 ans de décalage
des recueils de
Vaillant qui n'est pas encore Pif... et des exemplaires
épars de magazines...
dont Pilote... révélation d'une autre bande
dessinée.
D'emblée
plus "spiroutiste" que "tintiniste",
il décide avec un camarade de classe du bourg voisin,
le jeune Philippe de devenir dessinateur de bandes
dessinées. Ils ont treize ans tous les deux et Pilote
à ce moment là s'est amusé à
réfléchir, la bande dessinée est devenu
le moyen d'expression des
gens qui dessinent...
Et
depuis toujours Jacques Terpant dessine. Sa maison voisine
avec celui d'une vieille dame sans enfant qui est pour lui
un refuge. Son matériel reste
là, et c'est cette vieille dame pourtant née
en 1890, qui lui suggérera en voyant les premiers
dessins que ce sera peut-être son métier.
De
son côté, bridé par ses parents, son
camarade deviendra ingénieur ; Terpant aux capacités
mathématiques plus limitées, persuade ses
parents que la gloire va le prendre dans ses bras parfumés
et entre aux Arts Décoratifs de Grenoble. |
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Une jeunesse urbaine photo prise
aux Beaux Arts de St Etienne par Michel Bellon,
Pour un travail de communication |
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Premières
publications dans divers fanzines...
Son camarade studieux lui rapporte de Lyon, le premier numéro
de Métal Hurlant ; la découverte des premières
pages d'Arzach l'encourage à utiliser la technique
de la "couleur directe" qu'il ne lâchera
plus...
Dans
Métal toujours , quelques jeunes gens de l'école
de St Etienne sont sacrés "meilleure
couverture de l'année "pour leur fanzine "l'Unité
de Valeurs". Avec l'obstination du paysan qu'il est
sans doute resté, Jacques Terpant quitte Grenoble
pour St Etienne ; ce sera la rencontre avec Luc Cornillon,
Yves Chaland, Jean François Biard et Michel Bellon.
Autour
de ce groupe d'étudiants et avec comme lien Michel
Bellon (1) le seul stéphanois
d'origine, se forme un groupe de bistrot, auquel s'amalgament
des gens extérieurs aux Beaux Arts : Francis Vallés
qui est au cours du soir ou Bruno Gaccio (2)
Yves Chaland et Luc Cornillon seront très vite appelés
par le journal Métal Hurlant pour y réaliser
"Captivant", dont la totalité de l'album
est dessinée alors qu'ils sont étudiants.
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Angoulême 1980
De gauche à droite :
Yves Chaland, Jean François Biard, Jacques
Terpant.
Photo prise par Luc Cornillon,
alors que vient de sortir dans Métal hurlant
les premiers dessins qui feront l'Album Captivant
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Terpant
et Cornillon réalisent "Branle bas de combat"
album parodique des histoires de guerre, mais déjà
Métal n'est plus Métal et s'annonce la mort
des journaux de BD.
La
publicité est un refuge dont Jacques Terpant pousse
allégrement la porte.
Le
style de Terpant est mêlé d'influences diverses
: Moebius pour la couleur directe, mais aussi Franck Hampson
, la bande dessinée américaine : Wrighson,
Jones, Frazetta ou Frank Miller... ou les illustrateurs,
des européens : Arthur Rackam et Karl Larsson...
Il
s'installe avec son épouse tout d'abord à
Lyon et collabore à diverses revues et maisons d'éditions
:
Je bouquine , Images Doc, Phosphore, Actuel, Nathan, Avantages,
Métal Hurlant, La Croix, Hachette, Armand Colin,
Balland, Libération Rhône Alpes, etc...
Avec
Doug headline, rencontré dans les bureaux de Métal
Hurlant, il publie New-York Inferno chez Magic Strip, en
même temps qu'il collabore au journal Starfix que
Doug a fondé, puis tous deux se lancent dans l'aventure
des jeux dont on est le héros qui débute en
France. Doug Headline lance chez Hachette "la saga
du prêtre Jean" que Terpant illustre, puis tous
deux font chez Delcourt
"la citadelle Pourpre " première tentative
de Bd interactive.
À
Lyon Terpant rencontre Christophe Tourette avec lequel il
réalise : "le Céleste ", un one
shot publié chez Delcourt sur la guerre d'Indochine,
sujet encore intouché ou presque à l'époque.
Glénat
l'appelle simultanément pour une collaboration avec
le scénariste Philippe Bonifay, ce sera "le
Passage de la saison morte ", sur une idée de
Terpant ; Bonifay écrit un scénario original
et prenant. Hélas, le même Bonifay se fâche
avec le directeur littéraire, et en rétorsion
celui ci arrête la série. Une frustration dure
à avaler pour les deux auteurs, même si Bonifay
construit au passage sa réputation de caractère
"particulier ".
Le
temps de faire avec Thierry Cailleteau un album aux éditions
Zenda: "la blessure du Khan "
(la couverture est tellement mal imprimée que le
dessinateur ne la reconnaît pas en passant devant).
Puis
avec Philippe Bonifay au scénario, il dessine Messara
aux Éditions Dargaud, série de 3 albums, qu'il
conclut avec Méditerranéennes, album tiré
à part, composé de dessins issus de la série.
Toujours
avec le même complice Bonifay ils enchaînent
sur la série "Pirates " éditions
Casterman.
Lorsque Etienne son premier enfant a deux ans , la famille
retourne s'installer dans le village qui l'a vu naître
; Madame Moréon la vieille dame qui avait encouragé
ses premiers coups de crayon est morte depuis longtemps,
Terpant rachète sa maison pour en faire son atelier
et boucler la boucle...
C'est là qu'il travaille désormais, occupant
une place bizarre dans son pays entre hobereau local et
porteur du mauvais oeil. . . |
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Autoportrait
de Jacques Terpant en 2003 |
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Une
petite fille : Garance est venue agrandir la famille.
Aujourd'hui Jacques Terpant qui s'est beaucoup dispersé
notamment avec une activité publicitaire importante,
veut se consacrer davantage à l'édition, la
BD et à l'illustration.
Jo
Staline
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Michel
Bellon, qui était le lien entre les jeunes
gens des Beaux Arts : Chaland , Cornillon etc...
et ses anciens camarades de Lycée :Vallès,
Gaccio... deviendra directeur artistique dans la
publicité. |
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| (2)
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Le
créateur des guignols de l'info. |
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